Pourquoi cet anti-manuel
L’anti-manuel du faire commun propose des repères conceptuels et opérationnels à celles et ceux qui cherchent à soutenir ou promouvoir des dynamiques de commun dans leurs champs d’intervention. Il participe d’une mission centrale du Gret : contribuer à une réflexion critique sur les modalités de l’aide au développement et formuler des propositions opérationnelles construites à partir de l’action et des expériences de terrain. Il s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherche-action conduit par le Gret depuis 2019, avec le soutien financier de l’Agence française de développement et de la Fondation de France.
Une approche par les communs
L’anti-manuel propose une approche par les communs parmi d’autres, définie ici comme un cadre d’analyse et d’action construit autour de trois piliers : l’affirmation d’une intention politique, l’adoption d’une carte mentale des communs, et la mobilisation de méthodes et d’outils de facilitation. Il formule plusieurs leviers d’action opérationnelle possibles, et partage une palette d’illustrations concrètes. Il ne propose toutefois pas de méthode « recette » clé en main, raison pour laquelle nous l’appelons anti-manuel.
Une démarche issue de pratiques dans les Suds et en France
L’approche par les communs proposée puise dans près de cinquante ans d’expérience accumulée par le Gret.
Elle se construit ici à partir d’expérimentations conduites dans le cadre d’une quinzaine de projets d’aide au développement mis en œuvre par les équipes internationales du Gret et leurs partenaires dans plusieurs géographies (Afrique de l’Ouest et Centrale, Madagascar, Asie du Sud Est, Haïti), autour d’objets de communs de natures diverses (ressources en eau, bassins versants, aires protégées, forêts, services d’eau potable ou de gestion des déchets, service d’électricité, aménagements urbains, etc.).
Elle s’enrichit également des nombreuses expériences et réflexions conduites en France et dans les Suds, accompagnées notamment par l’UMR Green du Cirad (partenaire du programme), la Coop des Communs, le département de la recherche de l’AFD, le laboratoire LEREPS de Sciences-Po Toulouse, le collectif Remix the Commons et de nombreuses autres organisations ayant cheminé et échangé avec nous, notamment dans le cadre du cycle de rencontres « Faire commun ici et ailleurs » consacré à l’eau (2024).
Un anti-manuel destiné aux praticiens
L’anti-manuel n’est pas un ouvrage de recherche académique. Il souhaite apporter des repères opérationnels aux praticiens du développement et de l’action publique, membres d’organisations de la société civile, de bureaux d’études, de collectivités locales, d’organismes de recherche ou formation, de fondations … , qui souhaitent encourager des dynamiques de commun dans leur champ d’intervention. I
Il s’adresse en particulier aux responsables de projets, qui conçoivent les interventions, dialoguent avec les bailleurs et appuient les équipes ; aux chefs de projet, qui assurent le pilotage opérationnel ; aux animateurs et facilitateurs, qui travaillent au plus près des parties prenantes des communs ; aux chercheurs embarqués, qui documentent et alimentent les stratégies d’accompagnement des dynamiques de communs.
Une production collective
L’approche par les communs proposée dans ce manuel est une production collective de l’ensemble des personnes qui ont participé de près ou de loin au programme, et qu’il est impossible de toutes nommer et remercier ici.
L’équipe de coordination du programme au sein du Gret (Marilou Gilbert, Louisa Desbleds, Jean-François Kibler) a assumé la lourde tâche de porter la plume, et tenter de compiler et retranscrire, de manière synthétique et accessible, la richesse des apprentissages accumulés à ce jour. L’anti-manuel n’aurait pas vu le jour sans les relectures, discussions et contributions critiques des membres du programme, et tout particulièrement celles de Sigrid Aubert (Cirad), Stéphanie Leyronas (AFD) et François Enten (Gret).
Cet anti-manuel, imparfait par nature, est appelé à évoluer et être enrichi de nouvelles expériences, ainsi que par les réflexions et contributions critiques qui ne manqueront pas d’émerger.