L’approche par les communs est avant tout une proposition. En effet, l’affirmation de l’intention politique induit que l’adoption d’une approche par les communs n’a de sens que si elle est souhaitée et portée par celles et ceux qui la pratiquent. Elle n’a à ce titre pas vocation à devenir une approche imposée aux professionnels de l’aide au développement, et encore moins aux personnes et institutions appuyées dans le cadre de des actions de solidarité internationale.
Les Grétiens sont-ils aussi des commoners ?
L’adoption d’une approche par les communs dans le cadre des projets requiert que les membres de l’équipe Gret partagent l’intention politique, et acquièrent des références et de l’expérience. Elle suppose une cohérence de discours entre les équipes internes (entre Direction, Représentations, chefs de projet, animateurs… mais aussi chargés de gestion et de comptabilité que l’approche par les communs poussera aussi au pas de côté dans l’utilisation des outils) et vis-à-vis des interlocuteurs institutionnels en France et au sein des pays d’intervention.

Dans le schéma ci-dessus, les personnes de l’équipe projet du Gret sont représentées comme des commoners du Gret. Ceci pour signifier qu’elles partagent la philosophie des dynamiques de communs, et peuvent ainsi échanger de pair à pair avec les commoners. Les équipes peuvent aussi être motrices dans l’adoption par les acteurs du commun de démarches qui contribuent au commun sans nécessairement relever explicitement de l’approche par les communs.
[REVOIR LA PARTIE CI DESSUS Î ]
Cette contribution sur l’approche par les communs s’inscrit dans des réflexions poursuivies depuis les débuts du Gret sur les modalités d’intervention possibles et désirables d’un opérateur de développement local œuvrant dans le milieu de la solidarité internationale. (Voir Rubrique “Communs et développement” – les interrogations de départ cf. Note introductive 2018)
Ce manuel en ligne est le fruit d’apprentissages dans la pratique. Il s’appuie sur une quinzaine d’expériences d’accompagnement de gouvernances partagées dans des géographies très différentes (Afrique de l’Ouest et Centrale, Madagascar, Asie du Sud Est, Haïti), autour d’objets de commun de natures diverses (ressources en eau souterraines ou de surface, bassins-versants, aires protégées, services d’eau potable ou de gestion des déchets, aménagements urbains, etc.). Ces expériences ont été conduites par les équipes internationales du Gret et leurs partenaires (pouvoirs publics, collectifs ou associations d’usagers et citoyens, universités ou instituts de recherche, etc.) et documentées au fil de l’eau.
Durant les six dernières années, le programme Communs & Gouvernances partagées, co-financé par l’AFD, a ouvert le champ des possibles pour expérimenter mais aussi tirer des enseignements, capitaliser sur ces expériences (voir la collection de “carnets Faire Commun” aux éditions du Gret). L’anti-manuel prend appui sur les temps forts de cet apprentissage collectif (ateliers régionaux, ateliers de partage entre pairs, ateliers bilans…), et les productions diverses (carnets Faire commun, Débat et controverses…). Il s’appuie également sur les contributions du Cirad, partenaire du programme depuis ses débuts, ainsi que sur les échanges avec la Coop des Communs, le département de la recherche de l’AFD, le Lereps et Remix the Commons. Nous tenons à remercier en particulier Sigrid Aubert, Catherine Baron, Anthony Brault, Etienne Delay, Nicole Alix, Frédéric Sultan, Geneviève Fontaine et Stéphanie Leyronas pour leurs travaux inspirants et leurs contributions à la réflexion transversale sur l’approche par les communs.
Enfin, cette proposition d’approche par les communs n’est possible que par l’engagement et la contribution aux réflexions des partenaires et parties prenantes des gouvernances partagées dans les situations d’action du programme. Nos remerciements vont donc également aux membres des plateformes locales de l’eau de la zone de Niayes, de la Fédération des Associations des Usagers des Réseaux d’Eau Potable Gorom Lampsar, de la PCADDISM, de la plateforme Raisaha, de la CAPAK, du comité de gestion des mares de Luang Prabang, des associations de marchandes des marchés de Port au Prince (UMAC, AMMALALUE), ainsi qu’à nos partenaires de la DGPRE, de l’OFOR, de l’ARD et l’université Gaston Berger au Sénégal ; des services déconcentrés du CEF, DRPED/CirPEB, CirAE et de la Commune de Sainte-Marie CUSM à Madagascar ; du Bureau du Patrimoine et celui des services urbains de la ville de Luang Prabang (Laos) et de l’université de Lubumbashi / UNILU en République Démocratique du Congo.
Nos remerciements vont enfin à Esther James, Michael Wassmer et Olivier Jablonski pour le maquettage et le développement de cet anti-manuel en ligne.
[Coline !!]